<  Gillis Bertrand et Marie Defieren


Après la mort de Bertrand HEUZE en 1665, sa veuve, Gillette GRANDRY géra l'usine et les biens de la famille jusqu'à son décès survenu le 16 juin 1669. Ses trois fils, Léonard Gillis et Bertrand ont respectivement 21, 19 et 9 ans. Antoine Arnold semble être décédé en bas âge. Gillis, malgré sa jeunesse prendra la direction de l'usine. Il fit comme son grand-père, il racheta les parts de ses frères et soeurs, et deviendra l'unique propriétaire des biens situés sous la juridiction de Fraipont. Le 20 décembre 1675, Lina (Léonard) HEUSE demeurant à Drolemvaux reporte au profit de Gillis HEUSE son frère, les oeuvres de sa part et portion des maisonnages, biens et rentes qu'il a obtenus par la mort de ses feus père et mère, gisants à Goffontaine, pour une somme de 600 florins brabant.


Bourgmestre de Fraipont


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Gillis Bertrand est cité comme bourgmestre de Fraipont le 13 avril 1714.

Il était empreint de fermeté, on peut le constater dans son conflit avec la famille DEJONQ, notamment pendant l'hiver 1703, où, à l'aide d'une barre de fer, il précipite dans la Vesdre un ouvrier de la fenderie qui venait de soulever la vanne du barrage de son usine (notaire BAAR). Par contre, il n'hésitait pas à venir en aide à certains membres de sa famille.
Il refusa également de payer une rente de 39 dallers à Jean JAMIN, comme compensation d'un coup d'arme à feu luy porté par Jonas, fils de Jean JAMIN, qui lui empêchoit le maniement naturel de sa main. Après sa mort, il y eut un procès entre les fils des acteurs précités.
Un arrangement fut trouvé avec la restitution à la famille HEUZE, d'une bague à diamant que les JAMIN avaient reçue en prêt.

Pour se calmer, il allait pêcher le long de la Vesdre du côté de Grand-Rechain. Il a également tenu pendant plus de 30 ans, la pêche au lieu-dit GERBO, endroit de la petite eau coulant le long des prairies.

Jeanne DEFIEREN, l'épouse de Gillis Bertrand décéda le 14 mars 1720.


Léonard Heuze, célibataire, bourgmestre de Fraipont

Fils de Gillis Bertrand et de Jeanne DEFIEREN, maître de forges et marchand de fer, Léonard succéda à son père dans la direction des usines et deviendra bourgmestre de Fraipont (60). Il légua ses biens à son frère Pierre le 31 mai 1752.


Testaments


Le 1 juillet 1724, devant le notaire DESONEUX, Bertrand HEUZE (célibataire) donne tous ses biens à son frère Gillis, tant meubles qu'immeubles. Le même jour au même endroit, Gillis Bertrand HEUZE fait son testament... Il recommande son âme à dieu son créateur quand elle partira de cette vie, à la sainte vierge sa mère et à toute la cour céleste, ordonnant qu'après son trépas son corps soit enterré honorablement et ses obsèques célébrées sans superfluité. Il laisse à Léonard et Pierre HEUZE, ses fils, tous les biens qui sont en sa puissance, tant mobilières qu'immobilières... Ainsi à esté fait et passé dans la chambre par terre de la maison dudit testateur sise à Goffontaine, hauteur de Fraipont, pays de Stavelot, devant le révérend prestre Henry COLLARD et Gillis Arnold HEUS, lesquels avec le testateur ont signé avec moi, A.DESONEUX notaire.

Gillis Bertrand HEUZE décéda le 19 août 1724 à Goffontaine.

L'héritage

Les biens situés sur la rive gauche à Fraipont, c'est à dire « les maisonnages, usine, assise avec les prairies y jondantes et la pièce de pré en « TROOZ-RENARD » sont estimés à 8000 florins brabant.

A Soiron, sur la rive droite, Gillis possédait 28 parcelles de jardins, prairies et haies d'une superficie de 4255 verges, sous les noms de CORTIL LE ROY, MASOPREZ, CLEUSEVAY, PELLEHEZ, GRAVIER, LE TERRAS, PRE SIMON, GRAND SART, EN FLERE, THIER DES DOUIRS, REMBOUSTER, FORGEUR....Jouxtantes notamment à Arnould, Léonard, Jean et Christian MACQUINAY; au docteur LIMBOURG; à Gillis Arnold HEUS; à Léonard GRISAY; à Noël le XHARDE.
Il était également propriétaire d'au moins 3 maisons avec assise et jardin. L'une à Goffontaine près de l'usine à canons qui reviendra à Pierre HEUZE. La deuxième à Peleeheid qui sera pour Mathieu GOUVY (58). La dernière à Ensival, maison et terrains qui appartenaient à son épouse Jeanne DEFIEREN.

Quand on consulte l'acte du notaire Th.RAHIER du 7 novembre 1725, portant sur les désaccords entre les 6 héritiers de Gillis, on s'aperçoit que celui-ci avait prêté 500 florins brabant à Mathieu GOUVY, le mari de sa fille Marie, et la même somme à son fils Bertrand. Que Gillis avait logé, entretenu et nourri Conrard GRISAR et sa famille pendant les trois premières années de leur mariage. Conrard avait épousé Jeanne, la fille de Gillis, le 11 février 1707 à Fraipont. Un de ces points litigieux touche le contenu de sa brassine qui devait se situer à Fraipont.